La prohibition a sauvé la machine à sous
Histoire · 29 août 2026
Le 16 janvier 1920, la prohibition entre en vigueur aux États-Unis. Les saloons
ferment — et avec eux, en principe, les lieux où se trouvaient les machines à sous.
La production a explosé.
Le déplacement
Les saloons ne disparaissent pas : ils deviennent clandestins. Les
speakeasies se comptent par dizaines de milliers dans les grandes villes.
Un établissement déjà illégal n’a plus rien à perdre à héberger une machine à sous.
La contrainte légale qui pèsait sur les tenanciers respectueux de la loi disparaît d’un
coup.
Le raisonnement est à l’envers de l’intention. Interdire un commerce le pousse vers des acteurs qui ne craignent pas l’interdit — et ceux-là acceptent volontiers une source de revenus supplémentaire.
Le financement
Les organisations criminelles qui contrôlent les speakeasies ont besoin de placer des
liquidités. La machine à sous est un investissement idéal : rentable, transportable,
et fonctionnant en espèces.
Les fabricants de Chicago voient leurs carnets se remplir. Mills, Jennings et Watling
produisent alors leurs modèles les plus soignés.
Le chewing-gum
C’est aussi à cette période que se généralise la distribution de tablettes de
chewing-gum en guise de lot, pour échapper à la qualification de jeu d’argent.
Les symboles de fruits que l’on voit
encore aujourd’hui en descendent directement.
L’après
La prohibition prend fin en 1933. Les machines, elles, restent — mais dans un paysage
où elles sont désormais associées au crime organisé.
Cette réputation motivera les vagues d’interdiction des années 1950, puis la
réglementation stricte qui encadre aujourd’hui le secteur.
Voyez l’histoire.
Questions fréquentes
La prohibition a-t-elle fait disparaître les machines ?
Non, l’inverse. Les saloons devenus clandestins n’avaient plus rien à perdre à héberger une machine, et les organisations qui les tenaient y ont vu un placement.
Quel rapport avec les fruits sur les rouleaux ?
C’est à cette période que les machines se sont mises à distribuer des chewing-gums aux fruits, pour échapper à la qualification de jeu d’argent.